5 faits étonnants pour changer de regard sur le monde

Bonjour depuis la Grèce où je suis actuellement en volontariat chez Campfire Innovation.

En cette journée mondiale du manchot je me suis dit qu’un petit article facile à lire et loins des nouvelles révoltantes de Lesvos serait la bienvenue.

Du coup voici un petit article avec 5 informations que vous ne connaissiez peut-être pas. En quoi c’est relié au design ? Le design au delà des outils et des méthodes est un état d’esprit qui implique une ouverture sur le monde et ce qui nous entoure. Parfois les réalités que nous connaissons depuis toujours ne sont pas tout à fait vrai.

 

1 Monde animal: oui les pingouins savent voler… contrairement aux manchots.

Une image vaut mille mots: voici à gauche un pingouin et à droite un manchot. Besoin de plus ?

Okay, ce petit site internet consacre un article sur l’origine de ce malentendu dans la langue française: différence entre manchots et pingouins. L’un des points apporté est le fait que le mot anglais “penguin” signifie “manchot” en français. Le second point abordé est que l’une des espèces de pingouin, appelé le grand pingouin, et disparu depuis le XIX ème siècle, ne pouvait pas voler du fait de sa grande taille et de ses petites ailes.

 

2 Design graphique: la carte du monde tel que nous la connaissons est fausse.

Cette carte, ou plutôt cette projection du monde, tel que nous la connaissons s’appelle la “projection de Mercator“: créé par Gerardus Mercator en 1569. Comme vous pouvez le lire sur le lien Wikipedia, cette carte a pour qualité première qu’elle conserve les angles mais cela implique une déformation des aires et des distances assez importante. Et pour vous en rendre compte je vous invite à visiter ce site internet:

The True Size Of

Vous vous apercevrez ainsi que le Groenland est en réalité 14 fois plus petit que l’Afrique… c’est à dire un peu plus petit que l’Algérie.

 

3. Design produit: ornementation fonctionnelle.

Vous avez probablement déjà vu cette ornementation en fin de tige de certains cure-dents, mais connaissez-vous sa fonctionnalité?

Tout simplement car cela vient de la tradition japonaise: “l’ornementation” rends facile à casser l’extrémité et donc à montrer que le cure dent a été utilisé; on utilise également ce morceau pour y déposer le cure-dent et ainsi éviter qu’il ne touche la table.

 

 

4 Corps humain: notre corps possède deux cerveaux.

Photo d’un cerveau.

Non je ne parle pas des deux hémisphères du cerveau et pour être plus précis et moins tape à l’oeil, je rectifie dès maintenant en disant que notre corps possède deux systèmes nerveux distincts:

  • Notre cerveau avec entre 86 et 100 milliards de neurones.
  • Le système nerveux viscéral, dans notre intestin, avec près de 200 millions de neurones.

Alors loin de là l’idée de dire que ce système nerveux est une extension de notre cerveau et que l’on pourrait avoir des pensées issues de notre intestin comme on peut le lire sur certains sites internet. Mais simplement pour rappeler que notre monde et tout ce qui le compose est un ensemble complexe et interconnecté: c’est le principe de la vision holistique. Ne pas avoir cette vision globale ne permets pas d’apporter une solution durable. Pour donner un exemple, la maladie neurodégénérative Parkinson serait en fait dû aux neurones du système nerveux viscéral.

 

5 Design graphique: &, le “et commercial” ou encore l’esperluette.

 

L’esperluette est ce logogramme gracieux qui résulte de la ligature des lettres “e” et “t”. Il y a de nombreux faits concernant son histoire:

  • C’était la 27ème lettre de l’alphabet jusqu’au XIXème siècle.
  • On trouve dans certains écrits des mots abrégés avec l’esperluette: “fazet” pouvait s’écrire “faz&”.
  • Son nom esperluette serait dû à une ancienne méthode d’école primaire pour réciter l’alphabet, auquel on ajoutais les mots latins “et, per se, et”, qui se serait transformé en “et, per lui, et”. En anglais elle se prononce “ampersand” ce qui lui donne la même origine: “and, per se, and”.

 

Alors surpris.e?

Définition du design? Comment expliquer son métier?

Depuis que j’ai commencé mes études dans le domaine du design j’ai entendu une quantité indescriptibles de définitions du design, et à chaque fois que je dis que je suis designer je dois expliquer ce que c’est. Vous êtes designer? Je suis sûr que cette description vous semble familière.

Je ne vais pas passer en revue toutes les définitions mais je vais essayer de donner quelques perspectives concernant les bonnes et mauvaises coutumes que j’ai pu expérimenter ou entendre:

La version brouillon: “alors par où commencer? hmm alors le design, c’est un peu de tout mais pas seulement, comment dire …”

Je pense qu’il vaut mieux préparer quelque chose sachant que c’est une question qui revient fréquemment. Si notre explication est confuse alors la personne ne comprendra rien.

La version melon: “Tout ce que tu vois autour de toi, tout les objets ont été fait par des designers.”

Alors non, par définition tout objets créés n’a pas été créé par un designer: les ingénieurs, les artisans pour ne citer qu’eux sont aussi des créateurs d’objets. De plus cette phrase tends à dire que le design n’est qu’une notion d’esthétisme.

La version grand angle: “Je trouve des solutions aux problèmes.”

Souvent relié à l’anglais “creative problem solver” c’est une définition courte et efficace… enfin presque car finalement la plupart des métiers sont basés sur l’idée de trouver des solutions à des problèmes: un scientifique, un politicien, un docteur pourrez vous dire la même chose concernant son métier.

La version complexe: “Alors le design qu’est-ce que c’est? Je vais commencer par l’histoire du design, pour développer sur les méthodes et valeurs actuelles, et enfin terminer par …”

Pas la peine de faire un cours sur le design ou sur votre profession, vous risquez de recevoir un “Ah, intéressant!”… preuve que la personne aura tout oublié dans les cinq minutes.

La version scribe: “Le design est un processus intellectuel créatif, pluridisciplinaire et humaniste, dont le but est de traiter et d’apporter des solutions aux problématiques de tous les jours, petites et grandes, liées aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux. […] (AFD)”

Si vous êtes étudiant en design et que vous avez un examen, c’est probablement la définition que l’on attends de vous. Autrement cela sera rarement votre phrase d’accroche pour expliquer votre profession.

La version rigoureuse: “Le design c’est cinq étapes: analyse, définition, idéation, prototypage et réalisation.”

Les étapes du design thinking sont une bonne étape pour montrer une démarche globale qui n’est pas focalisée sur le produit en soit mais bien sur une réflexion, une démarche basée sur un contexte spécifique et des gens uniques.

La version pratique: expliquer un ou deux projets que l’on a fait par le passé.

Généralement cela montre un problème, une réflexion puis une solution (plus ou moins créative mais toujours intelligente) qui fait comprendre la manière de penser d’un designer et donc d’une certaine manière, son travail, son essence.

 

Alors comment faire?

En tant que designer, on est souvent d’accord sur plusieurs points:

  • Il faut être court et éviter les monologues.
  • Il faut que la personne comprenne ce que l’on dit: que ce soit un enfant, un adulte, un pdg ou un boulanger. Il faut donc pouvoir adapter sa définition en fonction des connaissances de la personne.
  • S’adapter au contexte: une soirée, une conversation, un dîner. Chaque contexte amène, généralement, une approche différente.

Finalement, vous me direz “okay, comment faire donc?” Bien entendu tout le monde à sa propre solution, personnellement quand on me demande en quoi consiste être designer je réponds toujours par “qu’est-ce que le design selon toi?” et en fonction de la réponse j’adapte ma définition, cela a plusieurs avantages:

  • Construire sur une connaissance existante pour être sûr que la personne se souviendra de ma version.
  • Pouvoir adapter sa définition: si la personne me réponds ” le design c’est la forme, l’esthétisme” alors je développerai sur la réflexion, l’analyse.
  •  Pouvoir s’adapter aide également à garder la définition courte, on évite de répéter ce que la personne connait déjà.
  • Personnellement cela me permet de comprendre ce que les gens pensent du métier de designer et cela amène de manière naturelle une discussion.
  • Et puis c’est une manière qui montre notre créativité et notre écoute, deux notions essentielles pour nous tous designers.

Bien entendu c’est une manière de faire que je pratique en ce moment mais qui évoluera probablement dans le temps, je souhaitais simplement la partager avec vous et peut-être partagerez-vous votre technique dans les commentaires:

Vous êtes designer? Comment introduisez-vous votre métier?

Vous n’êtes pas designer? Qu’est-ce que le design ou le métier de designer selon vous?

A bientôt!

Le volontariat du jeune designer

Aujourd’hui je viens de voir que cela fait beaucoup trop longtemps que je n’ai pas écrit un article donc je vais tout de suite me rattraper. J’ai choisi de vous raconter mes cinq derniers mois car si vous ne le saviez pas je fais actuellement du volontariat sur l’île de Lesvos en Grèce concernant la “crise des réfugié·e·s”. Je vais essayer, dans cet article, d’aborder différents sujets: l’orientation post-diplôme, l’expérience humanitaire et la place du design dans les ONG.

PS: j’ai appris récemment la nuance volontariat/bénévolat, qui n’existe pas en anglais. Je tiens donc à préciser qu’il s’agit ici de bénévolat.

Introduction: jeune diplômé, que faire ?

Fraichement diplômé en Stratégie du design je sortais de ce master avec le projet Opoiesis décrit dans cet article et donc avec deux convictions concernant mon futur proche: “je souhaite travailler avec une entreprise qui possède des valeurs et qui considère les enjeux environnements et sociaux” et où “la place du designer est connue et reconnue comme un acteur pour l’innovation”. J’avais en tête des projets très éloignés les uns des autres: du stage à Bruxelles, au déménagement à Stockholm, au volontariat en Grèce ou au Liban, au VIE à l’étranger, … à vrai dire les seuls choses dont j’étais sûre concernaient ce que je ne voulais pas faire.

Le volontariat m’intéressait pour plusieurs raisons:

  • Je souhaitais une expérience de terrain qui puisse en quelque sorte confirmer mon envie de travailler dans ces domaines sociaux et environnementaux. Au-delà du volontariat je considérais cette option comme une véritable expérience professionnelle.
  • Cela me permettait de sortir du chemin classique école-stage-travail. J’ai souvent fonctionné en suivant des opportunités que je considérais improbables et cela m’a rarement fait défaut donc le volontariat post-étude me faisait du pieds.
  • Je souhaitais également améliorer mes qualités en terme de relation humaine. L’empathie est un sujet important dans le design.
  • Et bien entendu pour donner un peu de mon temps dans une organisation sachant pertinemment que faire du volontariat serait plus compliqué une fois rentré dans la vie active.

Le problème majeur restait de trouver une ONG qui me plaise dans cette myriade d’organisations. Après quelques recherches j’ai trouvé une mission intéressante et j’ai envoyé une candidature: trente minutes plus tard je recevais ce mail me disant “désolé pour cette réponse tardive”. J’ai aimé cette réponse, je suis parti.

Mais alors, le volontariat, l’humanitaire, comment ça fonctionne?

Je n’avais jamais travaillé dans l’humanitaire ni fait de volontariat, c’était simplement un de ces choix pris à la première minute. Heureusement il y avait un cours introductif ,en ligne, qui m’a rassuré quant aux compétences nécessaires une fois sur le terrain: cours qui ce sont avérés totalement inutiles en tant que volontaire mais très intéressants en tant que designer. En effet j’y ai appris ce qu’était l’humanitaire d’un point de vue global.

L’histoire

Pour introduire brièvement la travail humanitaire, tout a commencé en 1859 avec le Suisse Henri Dunant qui apporte une aide neutre sur un champ de bataille recouvert de morts et de blessés laissés pour morts. En 1863, le Comité International de la Croix-Rouge est créé suivant les idées de Dunant et avec ce dernier comme secrétaire du comité. En 1864, la Convention de Genève, comportant douze gouvernements, accorde le droit de porter soins au blessés des champs de batailles. Deux faits intéressants: Dunant recevra le premier prix Nobel de la paix en 1901. Et la Croix-Rouge est simplement le drapeau Suisse avec les couleurs inversées… voilà voilà pour les anecdotes.

La vision globale de l’humanitaire d’aujourd’hui

Pour simplifier la vision globale, la coordination des secours humanitaires se divisent en onze groupes (clusters):

  • Eau
  • Abris
  • Protection
  • Nutrition
  • Logistique
  • Santé
  • Nourriture et sécurité
  • Télécommunication d’urgence
  • Éducation
  • Reconstruction rapide
  • Coordination des camps et management

De nos jours l’humanitaire est donc un domaine très développé qui peut paraitre difficile à mettre en place et à coordonner. J’ai été surpris de voir au contraire les documents créés pour faciliter le travail des organisations. Des documents connus et reconnus internationalement, tels que:

Le Projet Sphère

Le plus important est probablement le Projet Sphère. C’est une initiative à but non lucrative, internationalement reconnue, qui présente la charte humanitaire et les standards minimums de l’intervention humanitaire. Il s’agit ici “d’améliorer la qualité de l’aide humanitaire, le redevabilité des acteurs humanitaires vis-à-vis de leurs mandats, de leurs bailleurs de fonds et des populations sinistrées”. On y retrouve dans ce document six standards essentiels :

  • Intervention humanitaire centrée sur les personnes.
  • Coordination et collaboration
  • Évaluation.
  • Conception et intervention proprement dite.
  • Performance, transparence et apprentissage.
  • Performance des travailleurs humanitaires.

Chaque standard essentiel est structuré avec des actions clés, des indicateurs clés et des notes d’orientations.

Projet Sphère: en quoi c’est intéressant pour Opoiesis?

Ces standards essentiels sont donc ensuite distribués au travers des différents standards minimums tels que l’eau, l’hygiène, l’habitat, les articles non alimentaires, etc. Ce que je trouve intéressant dans ces standards essentiels c’est qu’ils rappellent très curieusement le fonctionnement des méthodes actuelles que l’on retrouve dans l’Entreprise: Six Sigma, Agile, … avec un vocabulaire également très similaire. Mais là où le Projet Sphère se démarque probablement des méthodes d’Entreprise c’est qu’il est accepté et utilisé par la majorité des organisations et qu’il y a donc une cohérence et une relation très forte sur le terrain entre toutes ces organisations qui doivent collaborer pour aider et être plus efficace. Moi qui m’intéresse également au design management, je suis donc parti en Grèce avec en tête d’observer ce fonctionnement, cette collaboration entre ces organisations et pourquoi pas voir comment adapter ce fonctionnement au monde de l’Entreprise.

Sans oublier le mind mapping qui va avec!

Le contexte particulier de l’île de Lesvos

Les ONG présentes sur le terrain n’ont de sens que si l’ont connait le contexte actuel donc voici un petit résumé.

La “crise des réfugié·e·s”

Ce nom que l’on emploie dès que l’on souhaite parler de migrations en Europe. Que le sujet médiatique soit en Espagne, en Italie, en Grèce avec l’arrivée des bateaux; en France, en Allemagne, en Belgique avec des personnes vivant dans la rue; en Autriche, en Hongrie avec des gouvernements autoritaires. Que les histoires nous parlent de congolais, de rohingyas, fuyant la répression ou les gouvernements corrompus; de syrien, d’afghans, d’irakiens fuyant la guerre et la torture. Quelles que soient leurs histoires le mot clé reste le même, c’est la crise des réfugié·e·s.

  • Le mot “crise” montre une situation temporaire extrême. En réalité cette situation est loin d’être temporaire.
  • Le mot “réfugié” efface tout aspect humain d’une personne. En disant “les réfugiés” nous insinuons qu’ils ont tous la même histoire, qu’ils sont identiques et selon mon expérience ils ont tous une histoire différente: de la plus macabre à la plus farfelue. Personnellement j’évite de dire réfugié et dit simplement “une personne”. Le mot “migrant” montre selon moi un point de vue plutôt hostile.
  • La “crise des réfugié·e·s” insinue en quelque sorte qu’ils sont les responsables d’un problème qui est, en réalité, bien plus complexe avec de nombreux acteurs: Europe, politique et géopolitique, énergie (gaz et pétrole), guerre, influence et pouvoir, management des flux humains, temps et coordination, …

Le vocabulaire est donc très important.

Selon moi la plus belle preuve d’acceptation et d’intégration de la part des locaux et des autorités locales de Lesvos. Credit: travelpassionate.com

La situation à Lesvos en trois points

  • Quels que soient leurs pays d’origine, cela fait maintenant plusieurs années que des gens fuient leurs pays pour survivre. Pour entrer en Europe, le plus facile mais le plus dangereux est de prendre un bateau pneumatique pour traverser la frontière par la mer. Lesvos est une de ces îles grecques qui se situent à quelques kilomètres de la Turquie, autant dire un point clé dans ces migrations à grande échelle.
  • En 2015 des milliers de gens faisaient la traversée chaque jour et la situation de crise était très médiatisée cependant Lesvos était un simple lieu de transition. La situation changea en mars 2016 lorsque l’UE et la Turquie signèrent un accord ayant pour conséquence certes une baisse du nombre de traversées mais transforma Lesvos en “hotspot”. Un hotspot désigne la première étape d’enregistrement (administrative) des nouveaux arrivants en Europe. En quelques jours l’île se transforma d’un lieu de transition en un lieu de séjour: ni les ONG, ni les autorités n’étaient prêtes face à ce changement radical; du jour au lendemain les nouveaux arrivants étaient interdits de quitter l’île sans une autorisation officielle des autorités. Malheureusement cet enregistrement est très difficile moralement (interviews en face à face où l’on doit raconter son histoire) et très long: pas mal de gens sont bloqués sur l’île depuis plus d’un an!
  • De nos jours, l”île possède trois camps (chiffres de novembre 2017):
  • Kara Tepe: dirigé par la municipalité de Mytilène (“capitale” de Lesvos). Ce camp conçu comme un village de vacances est destiné aux familles et personnes vulnérables. Le but est d’avoir des espaces de vie sécurisés pour les enfants.
  • Pikpa: dirigé de manière autonome par des volontaires, c’est un camp destiné pour les personnes très vulnérables (mineurs non-accompagné·e·s, personnes handicapé·e·s,  LGBT, …). Très petit, il ne peut accueillir qu’une centaine de personnes.
  • Moria: dirigé par gouvernement grecque et situé dans un ancien centre de détention de l’armée grecque, c’est un camp tout en un: enregistrement, identification, procédure “fast-track” (déportation en trois jours), abris et détention (prison pour les personnes dans l’attente d’une déportation). Moria peut accueillir 1700 personnes mais accueille actuellement 6746 personnes. Autant dire que les conditions à Moria sont inhumaines et que les histoires qui nous parviennent sont toutes déplorables. Trois histoires choisies au hasard parmi tant d’autres:
  • Les femmes demandent des couches pour adultes pour ne pas risquer d’aller aux toilettes la nuit.
  • Des volontaires d’une des ONG (EuroRelief) autorisées à l’intérieur de Moria essaient de convertir les gens aux christianisme, quit à les soudoyer en étant plus généreux envers ceux qui se convertissent.
  • Aucun plan n’a été prévu par les autorités et UNHCR quant à l’hiver (rude) qui arrive alors que les gens dorment actuellement dans des tentes en toile, à même le sol, et quand bien même il y a déjà eu des morts l’an dernier en hiver.
Entre 20 et 70 personnes doivent payer environ 1000€ par personne pour avoir une place sur ce bateau. Pour rappel, un ticket en ferry coûte 10€ pour un touriste.

Quelques chiffres

L’île possède environ 87000 habitants.

Pour le seul mois d’octobre 2017, les îles Nord de la mer Égée ont reçus 112 bateaux (surtout de nuit) pour un total de 4116 personnes.

Sur ces 112 bateaux, Lesvos en a recueilli 48 pour un total de 2264 personnes: 899 enfants, 833 hommes et 528 femmes. Il y a donc en moyenne 47 personnes par bateau pneumatique et en moyenne 73 personnes arrivant chaque jour sur l’île.

Le nombre total de personnes bloquées à Lesvos est de 8669 personnes (fin novembre) soit 10% de la population de l’île: 6746 à Moria, 1190 à Kara Tepe, 605 dans des “logements améliorés” (Pikpa; hôtels et appartement aménagés), sans compter ceux qui vivent dans des squats ou dans la rue.

Le nombre d’arrivés étant plus grand que le nombre de départ, ces chiffres augmentent de quelques centaines chaque mois. Pour avoir plus d’informations, voici quelques liens: Data UNHCR en Grèce.

La situation avant Mars 2016 expliquée en une animation: Vidéo

La situation après Mars 2016 résumée dans ces trois articles que je vous conseille fortement:

Connaissant le contexte j’aimerais vous présenter les trois ONG pour lesquelles j’ai travaillé et montrer quels sont leurs besoins en tant que designer.

Des ONG et des missions différentes

Lighthouse Relief

Lighthouse Relief à Lesvos est situé au nord de l’île dans le petit village de Skala Sikamineas.

Mission
  • Surveillance 24/7 des bateaux présent sur la mer: que ce soit de jour à Lepetimos ou de nuit à Korakas, les volontaires restent aux aguets, jumelles et vision de nuit à la main, essayant de repérer la moindre activité suspecte, le moindre bateau tentant la traversée, afin d’alerter les secours.
  • Communication: si quelque chose semble suspect, le chef d’équipe contacte le coordinateur qui contacte les gardes cotes grecques, les bateaux de secours (ONG) et les différentes équipes de garde prêtent à intervenir. L’équipe de surveillance joue donc un rôle primordiale car, avec leur vision de nuit, ce sont les seuls à voir ce qui se passe sur l’eau.
  • Débarquement: quelque soit le scénario de débarquement (sur les récifs, sur la plage ou au port) l’équipe de garde a un rôle à jouer. Ils doivent intervenir le plus rapidement possible pour procurer les premiers secours: couverture de survie, eau et biscuit sont les premières nécessitées pour ces personnes arrivant trempées et fatiguées.
  • Nettoyage des plages et upcycling (projet terminé): toute la côte nord de l’île a eu le droit à un grand nettoyage. Certains des gilets de sauvetages et des morceaux de zodiac (en caoutchouc) ont été récupéré, nettoyé et transformé en produit du quotidien comme des bracelets, des portefeuilles, des sacs, …
“La vague”: le fameux cimetière des gilets de sauvetage.
Séjour

Première expérience en tant que volontaire, je me suis intéressé à Lighthouse Relief pour son travail dans les deux domaines (social, environnemental) qui m’intéressent. Après quelques jours seulement, j’ai réalisé que ces ONG sont très flexibles et acceptent volontiers des gens prêt à fournir une aide (professionnel) supplémentaire… du pain bénit pour un designer. Si l’analyse des problèmes existants est bien mené alors la plupart des solutions apportées seront vues d’un très bon œil.

Travaux fournit durant ces deux mois: l’ONG ayant une très grande expérience, étant bien organisée et ayant une communication professionnelle je me suis finalement concentré sur la communication interne en améliorant les outils existants:

  • Création d’une carte de la région avec des informations plus spécifiques:

    Carte Lesvos Turquie
    Les volontaires doivent communiquer les coordonnées des bateaux en utilisant les miles nautiques et les degrés, chose assez difficile sans expérience. Cette carte a pour but de faciliter la compréhension des méthodes et ainsi améliorer la vitesse d’apprentissage des nouveaux volontaires. Elle est maintenant partie intégrante de la méthodologie et a été partagé aux différentes ONGs de la zone.
  • Création d’un entrainement pour les nouveaux volontaires:
    Extraits des différentes parties de l’entrainement pour le repérage de nuit à Korakas. Cet entrainement est maintenant utilisé par différentes ONGs de l’île.La carte est maintenant utilisée par toutes les ONGS S&R de l’î

    La carte et le guide d’entrainement sont maintenant utilisés par toutes les ONGS de S&R de l’île (+ de 400 volontaires/an).

  • Création d’une méthode pour définir la distance d’un bateau:
    Les photos sont issues de la vision de nuit. L’idée était de créer une échelle de mesure pour faciliter le calcul de la distance d’un bateau afin d’aider le plus précisément possible les bateaux de secours. Pour cela il suffisait de créer une constante, à savoir la croix centrale de l’appareil pointant sur l’horizon. Après seulement quelques essais la méthode montrait déjà son efficacité (nm=nautical miles).

    Cet outil permet maintenant une marge d’erreur de seulement 400m (0.2NM) sur une aire de 50km².

  • Et enfin un dessin (110x235cm) que j’appelle “Mémoire collective”. Au milieu de tout ces traits noirs se trouvent des mots qui raconte des souvenirs, des expériences reliées à Lighthouse Relief. Ce dessin me fait penser à un cerveau: des souvenirs sont perdus dans notre inconscient et parfois resurgissent de nul part; de la même manière lorsque l’on regarde ce dessin des mots peuvent nous sauter aux yeux. Mais ces processus ne sont  pas complètement aléatoires, si un mot se dévoile subitement c’est parce que notre cerveau fait une connexion entre ce mot et un souvenir vécu. Avec 624 mots ce n’est donc pas une seule histoire mais bien l’histoire de toutes les personnes ayant passé du temps dans ce petit village de Skala Sikamineas qui se cachent dans cette mémoire collective.

One Happy Family

OHF est un centre communautaire de jour situé à proximité des camps de Kara Tepe et Moria, dans la grande ville de Mytilène et ouvert de 10 heures à 18 heures du lundi au samedi. L’un de ses nombreux atouts est sa vision: travailler avec les gens et non pas pour eux! En effet cet espace est construit et coordonné ensemble avec les gens vivant dans les camps (surnommés les helpers). Chacun a son mot à dire dans l’organisation et chacun peut amener ses compétences pour améliorer cette communauté qui se construit au jour le jour. C’est de cette manière que l’on souhaite ramener un sens des responsabilités, une autonomie et une motivation qui se perdent facilement dans les camps. C’est notamment grâce à cette vision assez unique que le centre réussit, après seulement quelques mois, à accueillir entre 450 et 900 personnes chaque jour.

OHF possède également une “banque” où les gens reçoivent gratuitement des “Drachmes”, ces billets-gratuits peuvent ensuite être utilisés pour certaines activités tel que la boutique ou le café. L’idée est de redonner aux visiteurs un choix et un sentiment de normalité dans un environnement souvent décidé par les autres.

Lien externe vers la vidéo

Mission
  • En tant que volontaire, la mission est simplement de participer aux différentes activités. Chaque matin on se regroupe et on définit les tâches de la journée.
Séjour

Après avoir passé quelques mois à LHR, j’ai décidé de changer d’air et d’aller à OHF. L’idée de la monnaie-gratuite me semblait intéressante et annonçait une certaine liberté dans la créativité et l’innovation.

Au final c’est une expérience totalement différente:

  • Tout se fait très rapidement, il y a peu de temps à la réflexion. J’ai dû insister pour changer ça et pouvoir faire mon travail de designer.
  • La hiérarchie est assez présente. Dans un centre communautaire les relations humaines sont très importantes et une certaine forme de hiérarchie se met en place basée sur l’ancienneté. Les volontaires ne restant que quelques semaines, ce sont donc les helpers (~50 personnes) qui sont les tauliers. Un certain temps est donc nécessaire avant de “vouloir tout changer”.
  • Avec 600 personnes par jour c’est forcément un bon endroit pour discuter avec des gens du monde entier: plus de vingt nationalités (Moyen-Orient, Asie, Afrique, Amérique du Sud), quatre langues majoritairement parlées (anglais, français, arabe, perse). C’est également à partir de ce moment là que j’ai vraiment appris ce qu’il se passait au camp de Moria. En terme de connaissances j’ai développé une compréhension un peu plus claire et plus critique de la situation.

Travaux fournit durant ces trois mois: par rapport à LHR la communication ne semblait pas si développée. Du coup, les premières semaines, j’étais un peu perdu ne sachant pas vraiment par où commencer. L’ONG étant plus jeune, il a été beaucoup plus facile de discuter avec les différents membres fondateurs et d’avoir une connaissance approfondie du projet. Du coup j’ai décidé de travailler sur une communication globale (interne et externe) afin de poser des bases qui puissent aider au développement futur de l’ONG.

  • Toute la communication interne se faisait à la main, au jour le jour, sur une feuille en papier et décliné en quatre langues. Pour rester dans la même veine, j’ai choisi une identité “faite à la main” basée sur des pictogrammes pour simplifier le message: cela permet d’avoir une communication claire et unique, comprise par toutes les nationalités et facile à reproduire pour les prochains volontaires.
Activités à OHF pictogrammes
Pictogrammes créés par Fabio Nucatolo de thenounproject.com et par Cédric Fettouche.
Le carré est fait pour décrire une activité à OHF. La boite de dialogue est faite pour contextualiser un message (positif ou négatif) et donc montrer une situation, un besoin, un message.
  • En tant que designer stratégique j’étais arrivé avec l’intention de créer une levée de fond pour avoir une expérience professionnelle se rapprochant un peu plus de la partie stratégique. La campagne a été lancée très récemment (Mise à jour: et a permis de récolter 2000€).
  • Mise à jour (19/02/17): enfin, pour mon dernier projet avec OHF,  j’ai travaillé sur une vidéo. L’idée était de montrer que le contexte de cette crise est bien plus complexe que ce que l’on peut entendre. Les “réfugiés” ne sont pas simplement un groupe fait de gens similaires mais bien des être humains uniques avec des histoires différentes. Il y a des portraits de 73 personnes venant de 28 pays; la vidéo a atteinte 6308 personnes et a reçu 416 réactions.

Lien externe vers la vidéo

Office of Displaced designers

ODD est une ONG qui facilite le développement éducationnel et professionnel grâce à des projets créatifs: design, architecture, photographie, … L’ONG invite toutes les communautés à collaborer et travailler dans des projets multidisciplinaires.

Mission
  • Dans un programme de mentorat, j’aide actuellement un jeune afghan dans la création de son projet: enseigner le grec aux personnes parlant farsi, via des vidéos Youtube.

Ce projet est un peu plus en retrait car le mentorat se fait par mail et occasionnellement par rendez-vous; également parce que le “protégé” est tout simplement très autonome dans son projet. Au total, après 5 réunions et une après midi d’interviews avec son “public potentiel” pour cerner au mieux les besoins, il a publié 25 vidéos de 10 minutes. Il travail maintenant dans une ONG en tant que traducteur: perse-anglais-grec.

Travail à ODD

Impressions globales

Les différentes ONG et leurs fonctionnements

Selon mon expérience ici, à Lesvos, les organisations se développent très rapidement, généralement pour répondre à une situation d’urgence.  Elles survivent grâce à une communication assez simple pour récolter des fonds et des volontaires, tout se fait assez rapidement. Puis à partir de plusieurs mois d’activités (~6-12 mois) l’ONG commencent à trouver sa place, s’organiser et atteindre une certaine maturité. Enfin dans un souci de stabilité l’ONG se développe par paliers pour atteindre une excellence dans son travail.

L’un des problèmes perçu est la hiérarchisation. Dans les ONG cela signifie que l’administration, possédant les fonds, et l’équipe travaillant sur le terrain se séparent ce qui peut créer un manque de communication aux conséquences immédiates. C’est probablement l’un des (nombreux) facteurs qui fait que UNHCR (l’Agence des Nations Unis pour les réfugiés) est si mal perçue sur l’île.

Engagement au changement

Quel que soit le stade de développement de l’ONG, amener du changement m’a paru plutôt facile: engranger de l’expérience de terrain pour analyser les problèmes; parler avec le coordinateur et les volontaires pour recueillir une vision et une expérience; puis proposer une solution reste la méthode classique. Cependant certaines étapes doivent être respectées pour ne pas se casser les dents.

La sensibilisation est une étape importante car les gens sont souvent occupés, surtout les coordinateurs. Cela leur demande du temps pour écouter des idées sachant que toute la journée ils reçoivent des gens “qui souhaitent leurs parler”. Je pense que les coordinateurs apprécient les gens qui ne leur demandent rien, alors sachez, à l’inverse, les écouter et proposer des solutions en fonction de leurs visions, leurs problèmes tout en y ajoutant vos idées.

Si cette étape est bien faite, alors la compréhension ne devrait pas être un problème. Peut-être que l’on viendra vous demander le jour même “où en est le projet?”, il faudra simplement répondre que ce n’est pas un travail d’une journée et que cela prendra un peu plus de temps.

L’accord se fait lorsque le travail est terminé et peut être présenté au coordinateur.

L’adoption et la possession est probablement l’étape la plus difficile. En tant que designer il faudra travailler très dur pour que votre travail soit utilisé au jour le jour par tout le monde. Ce n’est pas forcément que les gens n’ont pas envie, mais le changement prend du temps et il faudra insister tout les jours dans la bonne direction. Pour chaque document créé il faudra introduire en première page: ce qu’est le document, à quoi il sert, comment il fonctionne et tout autre information nécessaire que vous seul connaissez mais qui doit être partagée.

Schéma traduit de l’article de l’ONG Campfire Innovation, autre organisation très intéressante.

Les dommages créés par le design

Si les bienfaits ont été évoqué tout au long de cet article, je n’ai pas évoqué les dommages que peuvent provoquer le design. J’ai notamment en tête le cas bien spécifique qu’est celui d’UNHCR:

Les tentes, les tapis, les couvertures, même les bancs sont sous le signe UNHCR. La tente sur l’image de droite étant impossible à fermer dans cette première nuit hivernale, ce sont des personnes fatigués qui, venant tout juste de faire leurs premiers pas en Europe, se sont débrouillés pour fabriquer cette porte (image du milieu) fait de deux tapis UNHCR… ironie.

Lorsque l’on se fait garant de certains devoirs tels que “préserver la dignité humaine”, j’ai du mal à comprendre comment on peut mettre son logo sur tout ce que l’on produit. Quel meilleur moyen de rabaisser un être humain au point de l’estampiller “réfugié” avec un simple logo et de pointer du doigt toute une catégorie de personnes?

Photo prise et publié par UNHCR

Si l’identité graphique peut facilement nous pousser, en tant que designer, à vouloir mettre un logo de partout, quelques jours sur le terrain suffiraient à faire comprendre comment cela peut, au contraire, faire bien plus de mal car je n’ose pas croire que cela soit fait consciemment.

Conclusion

La conclusion n’est pas vraiment fermée car je suis toujours à Lesvos avec One Happy Family et il y a tellement de choses à dire, la première pensée va aux helpers.
Il parait difficile de conclure cet article tant la situation peut changer du jour au lendemain. L’hiver se pointant, les tensions montent, les bagarres s’organisent, les tentes s’enflamment ou s’inondent et les gens perdent le moral. Quelques vagues de tampons bleus, signe d’une autorisation pour aller sur le continent, ont eu lieu ces dernières semaines: les familles sont heureuses mais les helpers d’OHF sont tristes de quitter cette famille qu’ils se sont construite en l’espace de quelques mois. C’est l’un des challenges qui nous est proposé: qu’ils soient heureux de quitter OHF pour continuer leur chemin loin de cette île “emprisonnante”; car n’oublions pas que le contexte politique pourrait bien changer du jour au lendemain et voir le nombre de déportations augmenter. Ces jeunes ne devraient pas jouer à “attendre que leurs ami·e·s aient aussi le tampon bleu” mais que dire face à ceux qui partent à Athènes, tout seul, et veulent revenir sur l’île au bout d’une semaine? Ces gens qui nous offrent leurs plus beaux sourires lorsqu’ils sont dans la lumière de tout les jours voient subitement leurs histoires tragiques ressurgir dans ces moments de solitudes, au risque de s’éteindre avec un sourire de façade en chantant “Je pense pas à demain, parce que demain c’est loin”.

 

Connaissez-vous vraiment les bienfaits du mind mapping pour votre cerveau ?

Retour au basique: le mind maping, également appelé carte heuristique, carte cognitive ou carte mentale, est un outil très connu des designers. Mais savez-vous vraiment vous en servir ? Créé par Tony Buzan, psychologue anglais, dans les années 70, il s’agit en réalité d’une véritable recherche sur le cerveau et son fonctionnement plus qu’un outil créatif.

 

Au commencement le cerveau

L’expérience de Tony Buzan démarre dans une bibliothèque lorsqu’il demanda à consulter les ouvrages sur le cerveau et qu’on lui indiqua la section médicale. Hormis des livres pour opérer le cerveau il n’existait à cette époque aucun livre expliquant comment utiliser son cerveau. S’ensuivit de longues recherches pour pallier à ce manque d’informations, ainsi que la publication de nombreux livres sur le sujet. En effet si les notices explicatives paraissent évidentes pour un ordinateur, il devrait en être de même pour un “super-bio-ordinateur”.

Le cerveau

Avec plus de mille milliards de neurones, le cerveau est un organe très dense capable de recevoir, ancrer, analyser, produire et contrôler. Nous ne connaissons aucun individu capable d’utiliser 100% de son potentiel cérébral ce qui fait dire aux scientifiques que le cerveau n’a pas de limite.

neurone cerveau mémoire mind map
Credit:biologiecellulaire

Les neurones et la répétition

Sans rentrer dans les détails du fonctionnement de nos neurones il y a un élément clé qui pourtant ressort et a une importance capitale dans le fonctionnement de notre cerveau :

“A chaque pensée que nous avons, la résistance biochimique/électromagnétique qui s’exerce sur le canal qui véhicule cette pensée diminue.”

Autrement dit plus vous accédez à une information régulièrement et plus il sera facile d’y accéder à nouveau. Tony Buzan explique ce phénomène par une métaphore : si vous êtes dans la forêt il est difficile de se frayer un chemin à travers les broussailles. Pourtant au fil des passages, la voie se libère pour se transformer en un large chemin.

Cette répétition doit cependant s’ancrer dans le temps : la mémoire fonctionnera mieux en relisant un document une fois par jour, qu’en voulant tout retenir en une seule fois.

neurone mind map
Une idée!

 

La psychologie de l’apprentissage et de la mémoire

Au travers de ses recherches, Tony Buzan a développé la psychologie de l’apprentissage et de la mémoire. En effet il apparait que le cerveau possède son propre processus d’apprentissage et se souvient avant tout des choses suivantes:

  • la primauté: les éléments au début de la période d’apprentissage.
  • la proximité: les éléments à la fin de la période d’apprentissage.
  • l’association: les éléments associés à des données déjà enregistrées par le cerveau.
  • l’unicité: tout élément mis en exergue pour son caractère remarquable ou unique.
  • l’unicité sensorielle: tout élément agissant avec une force particulière sur l’un des cinq sens.
  • l’intérêt particulier: les éléments qui présentent un intérêt particulier pour l’individu.

Une fois cette psychologie déterminée il est facile de voir que notre éducation, nos outils et nos méthodes ne sont pas adaptés au fonctionnement de notre cerveau.

Un problème pour notre cerveau

La méthode actuelle est souvent limitée à la prise de notes linéaires : qu’elle soit pour la mémorisation, la présentation, l’analyse, la planification, la prise de décision, elle se résume généralement à une feuille à carreau et un stylo noir.

On remarque donc une absence totale des éléments favorisant la mémorisation comme : le rythme visuel, le schéma visuel, la couleur, l’image (imagination), la visualisation, la dimension, la conscience spatiale, la globalité et l’association. Au-delà des inconvénients flagrants (perte de temps, mémorisation difficile, …) il s’ensuit surtout des conséquences dommageables pour notre cerveau :

  • nous perdons notre pouvoir de concentration face à la torture (pour notre cerveau) de la prise de notes.
  • Nous écrivons des notes sur des notes, ce qui créé une perte de temps et une perte de vision globale.
  • Nous perdons confiance en nos facultés mentales et en nous-mêmes.
  • Nous perdons le plaisir d’apprendre qui est si manifeste chez les enfants.
  • Nous souffrons d’ennui et de frustration.
  • Notre perte de temps fait que nous progressons moins.

Là où une liste va délibérément séparer les idées des unes des autres (et en réduire le nombre), un mind map créatif va au contraire associer les idées les unes aux autres, libérant ainsi une créativité associative infinie qu’il sera même difficile d’arrêter.

texte idée cerveau association mind map
Une idée qui se perd dans la masse.

Une solution : la pensée irradiante

La solution est de réveiller notre cerveau en fonctionnant à sa manière.

Pour imager cela on pourrait dire que chaque information que reçoit notre cerveau est comme une sphère centrale d’où partent des millions de crochets, chaque crochet représente une association et chaque association a son propre ensemble infini de liaisons de crochets. Cela crée de véritables chemins de pensée, cependant une information un peu à l’écart sera vite oubliée.

La pensée irradiante (irradier : qui se propage à partir d’un centre) est ce processus associatif qui part de ou se greffe à partir de la sphère centrale :

Un cerveau irradiant se manifeste sous une forme arborescente reflétant la structure de ses propres processus de pensée.

Le mind map est la manifestation sur papier de la pensée irradiante et par conséquent une fonction naturelle de l’esprit.

fleur macro cerveau mind map
Irradier

Le mind mapping

C’est une technique graphique efficace qui fournit un moyen universel de libérer le potentiel du cerveau. Le mind mapping peut s’appliquer à tous les aspects de la vie où un apprentissage plus efficace et une réflexion plus claire peuvent améliorer les performances humaines.

Le mind map présente quatre caractéristiques essentielles :

  • Le sujet est cristallisé dans une image centrale.
  • Les grands thèmes du sujet irradient, ou se ramifient comme des branches à partir de l’image centrale.
  • Les branches comportent une image ou un mot clé imprimé sur une ligne. Les thèmes de moindre importance sont également présentés sous forme de branches partant des branches plus centrales.
  • Les branches forment une structure nodale.
mind map visualisation opoiesis
Un exemple type fait par mes soins… il y a encore du travail.

Le médium

Les images

Si le nombre d’informations traités par notre cerveau est simplement inconcevable et heureusement automatisé, la puissance de l’association est un pouvoir qui pourrait être résumé en une expression : “la madeleine de Proust”.

Et c’est bien là que se joue la différence entre un mind mapping et une prise de note classique. La madeleine de Proust utilise nos sens pour activer un souvenir tandis qu’un texte écrit ne permet pas d’activer ces sens pour déclencher les associations : si l’on dessine une armoire, nous l’associerons automatiquement à l’armoire de nos grands-parents, à la texture du bois lorsqu’on la touche, à l’odeur du bois. Ces associations inconscientes facilitent le souvenir dans notre cerveau.

Pour vous le prouver voici une expérience plutôt marquante faite par le chercheur R.S. Nickerson. Il a exposé des individus à une série de 600 images, à raison d’une image par seconde, puis les a soumis dans la foulée à un test de reconnaissance : revisionner 600 paires d’images (une issue de la série et une jamais vue auparavant) et repérer l’image connue. Le taux moyen de réussite a été de 98%. Puis il a recommencé ce test avec cette fois ci 10.000 images “vivantes” (par exemple “King Kong en tutu” est une image mémorable). Avec ce type d’images il a atteint un résultat de 99.9%!

king kong tutu image mémorable
Exactement comme je l’imaginais.

 

Le texte

Malgré ce que je vous ai dit le texte reste important, il permet d’articuler une idée. Mais le point important de ce petit passage est de montrer que chaque cerveau et donc chaque personne est unique. Même deux personnes ayant vécu une expérience similaire auront grâce au principe d’associations une manière totalement unique de voir les choses.

Tony Buzan nous propose un exercice : faites un mini mind mapping, choisissez un thème (ex : le bonheur) et demandez à un groupe de gens d’écrire les 10 mots qu’ils associent au bonheur. Vous verrez que peu de mots seront semblables. L’unicité de chaque individu montre également qu’il existe une vraie intelligence collective.

 

Les lois du mind mapping

Voici quelques conseils à suivre pour un mind mapping efficace. Si cette méthode est nouvelle pour vous n’oubliez pas avant toute chose “la loi des trois A”:

  • Accepter: mettez de côté tous vos préjugés concernant vos limites mentales, vos compétences en dessins ou concernant l’aspect “enfantin” du mind map.
  • Appliquer: suivez les règles qui vont suivre pendant votre période d’apprentissage (une centaine de mind maps) jusqu’à ce que cela devienne une méthode totalement naturelle pour organiser vos idées.
  • Adapter: quand vous maitriserez l’outil, vous pouvez développer et expérimenter vos propres techniques.
mind mapping definition
Crédit: lifeisaseriousgame

Techniques

  1. Utilisez la mise en exergue
  • Utilisez toujours une image centrale (3 couleurs pour cette images).
  • Utilisez des images dans tout votre mind map.
  • Utilisez au moins des couleurs pour l’image centrale.
  • Dessinez des images en perspective.
  • Utilisez la synesthésie (le mélange des sens).
  • Utilisez différentes tailles de caractères, de lignes et d’images.
  • Aménagez l’espace.
  • Utilisez un espace suffisant.
  1. Utilisez l’association
  • Utilisez des flèches pour établir des connexions entre et au sein des branches.
  • Utilisez des couleurs.
  • Utilisez des codes.
  1. Soyez clair
  • Inscrivez un seul mot clé par ligne.
  • Ecrivez tous les mots.
  • Ecrivez les mots clés sur des lignes.
  • Tracez des lignes de la même longueur que les mots.
  • Reliez les lignes entre elles.
  • Tracez des lignes centrales plus épaisses.
  • Tracez une ligne entourant les branches.
  • Dessinez des images aussi claires que possible.
  • Placez votre papier à l’horizontale devant vous.
  • Ecrivez le plus droit possible.
  1. Développez votre propre style

Structure

  1. Utilisez la hiérarchie
  • Utilisez des Idées-Forces Clés: les IFC contribuent à façonner, à sculpter et à construire des mind maps permettant à l’esprit de penser d’une manière naturellement structurée. Ils sont notamment présents à la base de chaque branche (entre 3 et 7 branches). Les catégories IFC suivantes se sont révélées particulièrement utiles : questions de base (qui, quoi,…) ; les parties (chapitres, thèmes,…) ; les propriétés (caractéristique du sujet) ; l’histoire (chronologie) ; la structure ; la fonction ; le processus ; l’évaluation ; la classification ; les définitions ; les personnalités (rôle, caractère,…).
  1. Utilisez le classement numérique
  • Vous pouvez numéroter vos branches pour garder un ordre de lecture.

 

mind map Philippe Boukobza
Philippe Boukobza: mind map lors d’une conférence de John Medina.

 

Les recommandations du mind mapping

Rompez les barrières mentales

  • Ajoutez des lignes vierges.
  • Posez des questions.
  • Ajoutez des images.
  • Restez conscient de vos capacités associatives infinies: chaque mot ouvre de nouvelles perspectives et donc des mind maps infinies. Plus vous pratiquerez, plus ce sera facile.

Renforcez

  • Réexaminez vos mind maps: cela favorise la mémoire, vous les connaitrez par cœur si vous les relisez une fois de temps en temps. Souvenez-vous: plus de répétitions, moins de résistances.
  • Refaites rapidement vos mind maps: même en brouillon, cela vous remémorera la structure et les images principales.

Préparez

  1. Préparez vos attitudes mentales
  • Développez une attitude mentale positive.
  • Reproduisez les images qui vous entourent.
  • Acceptez votre mind map.
  • Acceptez l’absurde.
  • Embellissez le plus possible votre mind map.

2. Préparez vos outils de travail

  • Avoir vos feutres et un carnet à portée de mains.

3. Préparez votre environnement de travail

  • Assurez-vous de la bonne température de la pièce.
  • Aérez la pièce.
  • Prévoyez un mobilier adéquat.
  • Créez un environnement agréable.
  • Passez une musique adéquate ou travaillez dans le silence si vous le préférez.

 

Différents types de mind maps

Il est bien beau d’avoir des outils et des règles mais si on ne sait pas quand les utiliser cela risque d’être très frustrant.

La prise de décision dyadique (deux branches) :

Lorsque vous devez prendre une décision tel que “oui ou non”, “meilleur ou pire”, on dit que c’est une prise de décision simple. Par exemple à la question “est-ce que je dois accepter ce job ?” vous pouvez faire une branche “Oui” et une branche “Non”, puis évaluer les différentes informations.

mind map oui non
Alors ? Oui ou non ? Crédit: wordsmithsuk

Les mind maps polycatégoriques (multibranches)

Là où le mind map dyadique se concentre sur une prise de décision, le mind map multibranches est utile dans différents domaines, il permet de décrire, analyser, évaluer ou synthétiser de l’information.

Organiser ses propres idées

Souvent utilisé dans la résolution de problèmes d’ordre personnel (famille, éducation, …) ou professionnel (avenir, conflit, …) il permet une visualisation globale de la situation. Par exemple si vous souhaitez savoir “quel type de maison acheter ?”, la question complexe nécessite plusieurs branches pour pouvoir amener à une prise de décision.

Organiser les idées des autres

Que ce soit par un livre, un discours, une conversation il s’agit d’agencer l’information dans une structure traduisant l’idée d’origine. Il existe quatre fonction pour la prise de note: la fonction mnémomique (qui favorise la mémorisation), la fonction analytique, la fonction créative et la fonction conversationnelle (entre une personne et vos pensées).

Exemple: le mind map mnémonique

Vous avez oublié le prénom d’une personne. Tracez un cercle vide au centre et commencez à mettre toutes les caractéristiques de la personne autour (taille, âge, première et dernière rencontre, …). En faisant confiance au pouvoir associatif de votre cerveau vous retrouverez plus facilement  le prénom de la personne.

Exemple: Le mind map analytique

Vous avez un discours à préparer. Dessinez le sujet, mettez les différents thèmes et commencez à mettre vos idées et exemples par thème, n’oubliez pas de dessiner à coté de vos idées. Cela va vous permettre d’organiser, d’analyser, voir de remodeler par la suite votre présentation. Vous pouvez même, une fois terminé, numéroter vos branches et votre cerveau aura retenu votre discours dans son intégralité.

Exemple: le mind map créatif

Vous devez créer une nouvelle chaise. Vous allez dessiner une chaise inspirante au centre, puis vous allez commencer à mettre ce que vous connaissez (les chaises, les manières de s’asseoir, les matériaux, les joints, …). Vous allez voir quelles branches vont se développer puis quelles associations inédites vont se faire. Ce type de mind map permets de s’affranchir des cadres conceptuels préexistants et donc de développer une inspiration sans limites.

Exemple: le mind map conversationnel

Vous lisez un livre sur un thème précis. Vous allez observer le sommaire, la structure, organiser le mind map en fonction de celui-ci. Puis vous allez écrire ce que vous connaissez déjà. Vous pouvez feuilleter, lire les introductions, les conclusions, les schémas et remplir petit à petit votre mind map. Enfin lisez plus en détail pour remplir les trous restants. L’importance du mind map c’est qu’il vous oblige à reformuler l’information à votre manière.

mind map analytique apprendre
Crédit: Territoire des langues de Marion Charreau. Galerie de mindmaps pour apprendre le français

Les mind maps collectifs

Souvent fait sous forme de workshop sur des sessions assez longues. Le mind map collectif permet de mettre en place une dynamique de groupe sur un sujet bien précis. A terme vous parviendrez à une solution mais surtout vous réussirez à avoir des objectifs bien assimilés par l’ensemble du groupe.

mind map collectif
Crédit: imindmap blog

 

 

Les méthodes

 

Faire un mind map

  • Prenez une feuille (minimum A4, format paysage) : une feuille trop petite limitera l’espace et donc limitera votre cerveau.
  • Le premier jet : dessiner une image centrale stimulante, laissez les idées affluer rapidement pour éviter les schémas de pensées habituels et encourager les idées nouvelles voire absurdes (à conserver !).
  • Première reconstruction et révision : faites une courte pause pour que votre cerveau puisse intégrer les idées produites. Tracez un nouveau mind map, identifiez les grandes branches (IFC), associez, classifiez, construisez les hiérarchies, trouvez de nouvelles associations en reconsidérant les idées absurdes qui s’avèrent souvent intéressantes. Si vous avez des mots en double, ne les effacez pas, au contraire entourez les avec un code unique, ils vous aideront peut-être à trouver une association qui vous a échappé.
  • Incubation : La pomme de Newton, le bain d’Archimède, le marchepied de Poincaré ces exemples n’arrivent pas subitement, ils sont issus d’une forte période de travail suivi d’une période de repos, d’incubation qui en fait laisse un peu de temps au cerveau pour analyser, de manière inconsciente, toutes les recherches faites précédemment. L’incubation est encore plus efficace lors d’un mind map collectif.
  • Deuxième reconstruction et révision : votre cerveau verra sous un nouvel angle vos deux premiers mind maps, prenez en considération les informations rassemblées au cours des trois étapes précédentes pour former un schéma complet.
  • Étape finale : vous devez rechercher la solution, la décision ou la prise de conscience qui était le but initial de votre démarche créative. N’hésitez pas à relier des éléments disparates pour découvrir de nouvelles idées.
mind map brouillon
N’ayez pas peur de faire un brouillon. Vous serez plus sûr·e de vous pour faire la version finale.

Pour un mind map collectif: à peu de chose près similaire, la méthode varie seulement au commencement. Il faut définir le sujet précisément avec le groupe entier, démarrer par un brainstorming individuel, continuer avec des petits groupes de discussion (règles du brainstorming, à 3-5 personnes), pour enfin retourner sur la méthode classique avec la création d’un premier schéma collectif (feuilles A2 minimum).

 

Prendre une décision

Une fois le mind map fait, cinq méthodes vous permettront de passer à l’action :

  • “La production automatique” signifie que le cerveau, grâce à la vision globale du mind map, a déjà pris sa décision.
  • “La pondération” consiste à donner un nombre entre 1 et 100 à chacun des mots clés pour ensuite calculer et choisir celui qui a le meilleur résultat.
  • “L’intuition/ la superlogique” est le signe que notre cerveau a déjà analysé, dans notre inconscient, des milliards de possibilités basés sur notre expérience, nos connaissances. On peut donc lui faire confiance.
  • “L’incubation” consiste à se détendre après avoir achevé un mind map. C’est dans ces moments là que notre cerveau harmonise et intègre les données reçues.
  • “Le pile ou face” est une méthode connue qui peut s’avérer utile si vous n’avez toujours pas réussi à faire un choix. Simplement car dans l’absence de choix se cache parfois “le choix d’attendre”, qui n’est souvent pas la bonne solution.
mind map Vanda North
Un mind map avec un choix par pondération pour une prise de décision importante. Vanda North

 

Conclusion

Le mind map est un outil que j’ai redécouvert suite à la lecture des livres de Tony Buzan (tous très intéressants) et au visionnage des vidéos de Fabien Olicard (mentaliste). C’est un outil très puissant que vous pouvez appliquer très facilement. Je vous conseille de passer à l’action en achetant un carnet A4 ou A3 et quelques feutres et de commencer à noter en mind mapping dès que vous lisez un livre, un article, regardez une vidéo. C’est une habitude à prendre et votre cerveau vous en remerciera.

Le principe d’association est très puissant. J’ai même remarqué qu’il peut jouer contre vous! Vous savez quand vous écoutez quelqu’un ou lisez un texte par exemple et que vous vous envolez dans vos pensées lointaines. Et bien tout cela commence à cause d’un mot-clé, lu ou entendu, que votre cerveau a associé à une pensée. Puis à partir de cette pensée il en a associé une autre (etc)… un peu comme les branches d’un mind map. Ma solution est de trouver le mot clé de départ, cela vous fait réfléchir rapidement et interrompt votre cerveau dans ses pensées.

Enfin si vous n’êtes pas sûr des bienfaits du mind mapping, je vais vous poser une simple question: si vous avez réussi à lire cet article de plus de 3000 mots vous n’avez pas pu tout retenir, pourtant il y a une seule chose dont je suis sûr que vous avez retenu, que porte King Kong ? Vous voyez, votre cerveau retient beaucoup mieux les images! Si vous êtes convaincu·e, laissez incuber un petit peu toutes ces connaissances, puis faites un mind map de l’article! D’ailleurs n’hésitez pas à partager le votre en commentaire.


Liens

Livres de Tony Buzan: Une tête bien faite, Booster sa mémoire, Dessine-moi l’intelligence, Tout sur la mémoire, La lecture rapide, Muscler son cerveau avec le mind mapping

Fabien Olicard, mentaliste: chaine Youtube

Vous pouvez également travailler sur votre ordinateur: liste de logiciels de mind maping

 

Galerie

mind map Philippe Boukobza
Philippe Boukobza: la simplicité est de mise ce qui améliore la clarté.

 

mind map ordinateur paul foreman
Paul Foreman: les qualités de Léonard De Vinci.

 

mind map créatif
Un mind map très créatif. On voit que la personne maitrise le mind map car malgré la surcharge de dessins le contenu reste très lisible.

 

mind map electricité
Vous pouvez aussi trouver des logiciels de mind map. Pour organiser vos idées; les stocker et les partager plus facilement; ajouter facilement des images; ou bien même fusionner des mind maps entre eux.